Sophie, vu sous la plume de La Maison Trafalgar

Nous avons eu l'opportunité de collaborer avec
La Maison Trafalgar pour la création et rédaction du portrait de Sophie Anaf,
fondatrice de La Belle Bouse.

Sophie Anaf

 Mais qui se cache réellement derrière La Belle Bouse ? 

 

 

Sophie Anaf fête aujourd'hui ses 31 ans et pour cette occasion nous voulons partagé cet écrit. Il met en avant ses aspirations personnelles et sa vision de l'entrepreneuriat, domaine dans lequel elle s'épanouit chaque jour. 

 

Bonne lecture ♡ 

 

 

Si une ville trouve son caractère et sa raison dans la pierre et le béton, les rebords de fenêtres, les arrière-cours et les salons sont autant d’interstices offrant à la verdure un peu de justice. Afin que ces espaces soient pris d’assaut par les végétaux, Sophie creuse des solutions pour que les citadins – plus optimistes que candides – cultivent leur jardin en un tour de main : « Certains descendent du fromage depuis le Beaufortain, moi, j’en ramène de la bouse séchée pour jardiner en ville ! Je veux apporter de bons produits de la campagne, et la bouse contient naturellement tous les nutriments nécessaires aux plantes. » Ce que les vaches relâchent en gros, l’entrepreneure le réinvente engrais, s’attachant à détailler en grains cette ruralité qui cimente son entrain. Sobrement empaquetée dans un sachet qui se passe volontiers de l’imagerie « petites fleurs, petits lutins », La Belle Bouse et sa gamme de produits sans odeur, au slogan bien senti, se sont faites expertes en oxymores. L’humour et la personnalité colorée de Sophie s’associent à un engagement écologique moins austère que guilleret, s’activant sérieusement à ce que Dame Nature évite la damnation. Tri, vélo, bio, par-delà les gestes militants devenus nécessaires avec le temps, la dirigeante chasse les présages d’effondrement à la faveur de cette confiance qu’elle tient pour fondement : « Il faut rester serein et jovial. Je ne suis pas du genre à laisser l’écologie m’accabler. Monter une entreprise permet d’agir à son échelle, de faire sa part tout en engendrant une dynamique positive. »

 

            Ballotée depuis l’enfance entre champs et ville, Sophie a bâti cette double appartenance et s’épanouit aussi bien dans les tumultes de Lyon qu’au sein de cette terre où se dresse sa maison. C’est d’ailleurs à cet épanchement dans les forêts de l’Ain qu’elle doit son intérêt pour les balcons de l’autre, et cette manie de se laisser rappeler avec insistance par la nature, en dehors des vacances : « Je ramène du vert en milieu urbain, mais je peux à mon tour partir en exil à la montagne en pleine semaine, si j’en ressens le besoin. » C’est encore ses formations d’agronome et d’architecte paysager qui ensemencèrent son devoir de responsabilité envers un environnement sujet à la fragilité. Des années qui la menèrent de l’internat section agricole aux bancs d’une école de la capitale, afin de comprendre les vertus des plantes mellifères, la résistance des végétaux et des conifères, et d’affermir la croyance qu’aucun additif n’est de bon aloi, « puisque tout est déjà là » : « C’est dingue de réaliser que l’on peut soigner de nombreux maux grâce aux plantes, ou que le ginkgo biloba est un arbre ayant survécu à la bombe d’Hiroshima. » Inspirée par de plus persistantes, la feuille de route de Sophie connut annotations et bifurcations sans dévier de cette liberté prisée par les épris du monde de l’entreprise. Retapant d’abord les jardins et les terrasses, elle finit par lâcher l’affaire pour créer la sienne : « J’en avais assez de reproduire les décos des magazines. Je me suis d’abord lancée en co-imaginant un système de potager mural. » Si la faisabilité ne résista pas à l’épreuve de la technicité, les expérimentations en hydroponie inscrivirent dans leur sillage ce que La Belle Bouse compte aujourd’hui de bagages : « Fumier de cheval, fiente d’oiseau, compost, corne broyée... On a tout essayé pour faire pousser nos aromates en se passant des engrais du commerce, qui n’étaient jamais vraiment sains. C’est là que j’ai eu l’idée de créer un fertilisant qui me ressemble, qui puisse être simple et accessible, et qui n’exige pas de déplier une notice de quarante pages. »

 

            La Belle Bouse expose désormais sa conscience locale sur une diversité d’étals : boutiques biologiques, fleuristes experts et marchés de taille hyper. Ayant dépassé l’univers des start-up qui l’a vue se former, Sophie porte ses réflexions auprès d’une chaîne de partenaires, reliant les agriculteurs perchés sur les plateaux de la Savoie aux revendeurs nichés dans des cités où l’urbanisme fait loi : « Notre bouse est récupérée auprès de producteurs bios situés en montagne parce que le risque d’épandage chimique y est moindre. Puis nous la séchons, nous la conditionnons et la vendons au sein d’un réseau de plus de soixante magasins. » Elle fut peut-être la première cliente de sa société, Sophie fit vite un malheur en remportant l’adhésion des jurys, des jardiniers apprentis comme des plus aguerris. Au-delà du trophée Jeune Entrepreneur de l’Année, elle conserve surtout les résultats des bienfaits qui traversent potagers, arbustes et autres bananiers – « une cliente m’a dit que le sien avait trois feuilles supplémentaires grâce à La Belle Bouse. Ça me conforte dans notre utilité. » Et parce que les graines qu’elle plante sans concession dans son entreprise lui confèrent pleine santé, Sophie ne saurait chercher l’herbe que l’on dit plus verte ailleurs ; elle préfère cette place qu’elle s’est aménagée, et qui lui permet de prouver par elle- même que l’on récolte tout ce que l’on sème.

 

 

 

 

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